R.D.CONGO : Gouverner par des slogans !
R.D.CONGO : Gouverner par des slogansDepuis l'année 2006, qui a vu se tenir des élections ratées qui devraient être libres et transparentes,
A l'occasion de cette rentrée politique qui consacre les deux années du régime issu de ces fameuses élections, nous avons voulu faire le point.
Comme vous pouvez le deviner, nos gouvernants sont devenus allergiques au terme bilan. Belle manière pour eux de rejeter tout critique du système et de ses rejetons. Il est, par exemple, devenu dangereux d'émettre une quelconque opinion, surtout négative, sur la marche des affaires dans notre pays. Tous les moyens de l'état, notamment l'armée, la police, les services d'intelligence, la banque nationale, les régies financières, les cours & tribunaux, les médias d'état et sans oublier bien sûr le législateur, sont mise à contribution afin de « combattre ceux là qui veulent empêcher le gouvernement d'atteindre ses objectifs ».
La presse libre, les défenseurs zélés des droits de l'homme et certains opposants politiques savent de quoi nous parlons. Le gouvernement Kabila – Gizenga, gouverne à coups des slogans et des promesses électorales, deux ans après la tenue des scrutins. De cette manière, le couple tente de vendre de la fiction à la population clochardisée et désillusionnée. Ce n'est certainement pas cela que les Congolais attendent : ils veulent du concret!
Ce qui est sage, c'est ce qui «gouverne toutes choses» et qui n'est donc pas lui-même une chose. On appelle sage n'importe qui s'en donnant l'air, ou employant le vocabulaire de la sagesse; ou alors on confond la sagesse avec la vieillesse, ce qui n'a aucun sens. Quand on s'endort, on oublie la réalité et on vit d'une façon personnelle, individuelle. «…Chacun des endormis se réfugie dans un monde individuel», remarque Héraclite.
Mais ou va-t-on? C'est le culte de la personnalité portée à son paroxysme béat. Le chef de l'état congolais jouit des pouvoirs énormes à faire rougir de jalousie les fascistes Franco et Mussolini dans leurs caveaux, ses parrains locaux le zimbabwéen Mugabe et l'angolais Dos Santos. En effet, en Rdcongo, la constitution ne s'applique qu'à la population et à l'opposition. Un moindre écart et vous êtes bon pour kin masière, haut lieu de torture et d'exécution, doté des dernières trouvailles en matière.
Le régime et ses rejetons gouvernent par défi usant de la répression et de la corruption comme mode de gestion et d'administration. Elu pour « proclamer la fin de la recréation», l'actuel chef de l'Etat n'a réussi, après deux années de plein pouvoir, ni à réduire le temps de recréation qu'il avait diagnostiquée, ni à atténuer les tensions qui couvent partout à l'ouest. Le Bas Congo, les deux Kasaï, l'Equateur et évidemment Kinshasa la frondeuse sont, on peut le dire, des zones rouges pour ceux qui, sans aucune gène, aiment à afficher leurs richesses devant des enseignants, des médecins, des soldats et fonctionnaires clochardisés.
A ceci s'ajoute l'état de guerre larvé à l'Est avec tous ces groupes armés locaux et étrangers qui eucument les montagnes du Kivu pillant, violant et massacrant allégrement nos compatriotes sous l'œil patriotique de nos gouvernants. Deux ans après « le vote massif des kivutiens » pour la paix, l'heure est au désarroi et à l'angoisse dans les camps de ceux qu'on nomme pudiquement « les déplacés de guerre ».
En effet, en dépit de l'hécatombe de Mushaki où 2000 militaires congolais furent massacrés en moins de 48 heures au mois de janvier 2008, malgré le fait que ces combats ont occasionné le déplacement d'au moins 1.500.000 des congolais, l'élu du Kivu n'a pu ni voulu régler le cas Nkundabatware, et surtout qu'à ce jour la moitié de la province du nord Kivu reste sous l'autorité de ce dernier. Autant dire que la déception est à la mesure de l'espoir et au fur à mesure que les jours passent, elle tend à laisser place à la colère…
Sur le plan national, nous retrouvons le vrai problème appelé les 5 cinq chantiers, c'est-à-dire, comme le dis le congolais « une désintégration sociale ». Nous ajouterions aussi une désintégration de l'État national. La construction nécessaire d'un réel contre-pouvoir, qui permette la remise en cause durable des germes de la passivité et de l'instabilité idéologique qui s'expriment encore au sein de l'opposition, avant le nécessaire recherche d'alliances. L'idée que la prise du pouvoir est l'unique levier permettant d'obtenir les transformations sociales s'est avérée être totalement équivoque, dans le monde entier. De plus c'était une caricature des processus révolutionnaires eux-mêmes. En exagérant de manière démesurée la nécessité de prendre le pouvoir, on a oublié que la lutte a pour but l'auto organisation et l'autodétermination. Nous ne dissimulons pas notre position, nous sommes opposants ou nous ne le sommes pas.
Le temps n'est pas au bilan mais à l'action ! Cette déclaration démagogique a pour soubassement d'esquiver le débat et détourner l'attention. Cependant cela suffira t-elle à masquer les sept années d'immobilisme qu'a connu son règne ! 36 mois d'immobilisme supplémentaires ne suffiront pas non plus à effacer toutes ces années d'inefficacité, d'enrichissement brutal, de détournements inédits dans l'histoire la république !
Certes le temps n'est plus au bilan ni même peut être non plus à la critique puisque les 80% des citoyens qui ont voté pour « le candidat de la paix » ont déjà tiré leur conclusion: Rares sont ceux qui souhaiteraient le voir rééditer l'exploit en 2011 !
Les Congolais ont aussi constaté qu'on ne pouvait pas non plus gouverner qu'avec des slogans. Gaétan Kakudji qui en fut l'un des plus brillants spécialistes l'a compris aujourd'hui.
Les congolais les leur rappelleront certainement à l'échéance 2011, si la mémoire venait à leur faire défaut.

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