Révue de presse sur l'état de la liberté de la presse en RDCongo

Revue de la presse sur l’état de la liberté de la presse en RDCongo

 

1. Le journalisme est une profession à haut risque en RD Congo. Rapport de Jed / 2006

 

En 2006, on a enregistré 125 cas d'atteintes à la liberté de la presse dont 2 cas d'assassinats des journalistes ou professionnels des médias, contre 106 cas d'atteintes répertoriés en 2005. Cela a fait dire aux responsables de JED que l'année qui s'achève dans quelques jours a été, une fois de plus, " plus meurtrière ".

Et qu'elle est classée par plus d'un observateur de la RDC, comme " une année de tous les périls ". Dans son rapport, celle-ci rappelle le cas d'assassinat d'un professionnel des médias survenu à Lubumbashi, au Katanga, le 29 mars 2006. Kayilu Mutombo, technicien de maintenance de la Renatelsat qui était en plein exercice de son travail à l'émetteur de CCTV a été retrouvé mort non loin de la capitale du cuivre, sur le site relais de l'émetteur. C'était le jour où a été saboté, par des hommes armés non identifiés, l'émetteur de CCTV, précise JED.

 

L'ONG évoque également le deuxième cas d'assassinat, celui de Bapuwa Muamba, journaliste correspondant de plusieurs organes de presse paraissant à Kinshasa et ancien de Jeune Afrique Economie à Paris. Assassiné à son domicile de Kinshasa Matete le samedi 08 juillet 2006 par trois hommes armés, notre confrère doit se retourner dans sa tombe à l'heure qu'il est, en apprenant que le procès de ses assassins n'a pas encore connu un début, malgré l'arrestation par la police nationale de trois présumés auteurs de sa mort tragique.

 

Outre ces deux cas d'assassinats, au moment de la présentation de son rapport, Journaliste en Danger fait état des déboires d'un autre journaliste. Il s'agit Bonsange Mbaka, journaliste de Mambenga. D'après JED, il se trouve depuis le 21 novembre dernier entre quatre murs à la Direction générale des renseignements de la police, communément appelée " Kin Mazière ". Le motif de son arrestation n'est pas connu, explique JED qui formule, par ailleurs, quelques recommandations pour que l'année prochaine soit plus clémente pour la presse. Entre autres, il est recommandé aux journalistes et autres professionnels des médias le respect strict du code d'éthique et de déontologie régissant leur profession, la redynamisation des instances professionnelles d'autorégulation pour séparer le bon grain de l'ivraie; l'amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes employés; l'éradication de la corruption.

 

Aux pouvoirs publics, il est demandé la libération de Bonsange Mbaka, la reprise sérieuse du procès des assassins du journaliste Franck Ngyke (La Référence Plus) et de son épouse et l'organisation rapide de celui des meurtriers de Bapuwa Muamba. Sont recommandées aussi la suppression des peines d'emprisonnement ferme pour des délits de presse et autres que les incitations à la haine ethnique, l'apologie du crime et les appels à la violence ; la transformation effective des médias d'Etat en médias réellement publics au service de l'intérêt public et non des individus. L'adoption de la promulgation d'une loi sur l'information publique, gage de la transparence dans la gestion de la République, la signature des arrêtés interministériels traduisant en acte les tarifs préférentiels pour les médias et journalistes ; la libération effective de l'aide publique directe à la presse au travers d'un budget connu et voté par le parlement, ainsi que la fin de l'impunité des prédateurs de la liberté de la presse, quel que soit leur rang…font également partie des recommandations faites par JED.

 

2. Liberté de presse : la RDC classée 4ème sur le palmarès des pays les plus répressifs.

 04 mai 2007 - Trois pays d’Afrique sub-saharienne, figurent en tête de la liste des États où la liberté de la presse s’est le plus détériorée ces cinq dernières années, a annoncé mardi Robert Mahoney, Directeur adjoint du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), venu présenter aux côtés de Joël Campagna, Coordonnateur du Programme Moyen-Orient du CPJ, les conclusions d’une étude mondiale conduite par cette organisation. L'Ethiopie, où le gouvernement a lancé une répression massive sur la presse privée se classe en première position.

 

La Gambie et la République démocratique du Congo sont, avec la Fédération de Russie et Cuba, les pays les plus répressifs en matière de liberté de presse. Selon les informations contenues dans le rapport, deux journalistes ont été assassinés en RDC au cours des deux dernières années et 11 sont en prison. En Gambie, Deyda Hydara, l’éditeur de l’un des principaux journaux, a été assassiné et 11 journalistes ont été jetés en prison au cours de la seule année 2006. Quant à l’Éthiopie, le CPJ y a découvert l’emprisonnement de 18 journalistes. Plusieurs dizaines de professionnels de la presse ont dû s’enfuir de ce pays dont le Gouvernement a bloqué plusieurs sites Web, expulsé deux correspondants étrangers, et interdit huit publications de parution. L’Afrique n’est pas seule au palmarès des violations graves contre la liberté d’informer. Au Pakistan, révèle le rapport du CPJ, huit journalistes ont été tués au cours des cinq dernières années. Quinze autres sont portés disparus au cours de la même période. En Azerbaïdjan, au cours des cinq dernières années, un éditeur a été assassiné, tandis que 9 journalistes étaient jetés derrière les barreaux et que 2 de leurs collègues étaient kidnappés.

 

Le rapport du Comité pour la protection des journalistes, qui a paru mercredi à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, s’appuie sur des données collectées dans le monde entier au courant de la période allant de 2002 à 2007. Les données et statistiques collectées ont été ventilées par le CPJ en sept catégories pertinentes (censure gouvernementale; harcèlement judiciaire, procès en diffamation à caractère pénal, assassinats de journalistes, violences physiques contre la presse et ses représentants, emprisonnements de journalistes et menaces contre la presse), à partir desquelles un « palmarès » a été établi. Le CPJ a cependant exclu de son rapport les grandes zones de conflit comme l’Iraq et la Somalie, qui souffrent d’une absence de structures conventionnelles de gouvernance ou de collecte d’information. Les pays suivants figurent, par ordre de classement, sur la liste établie par le CPJ : Ethiopie, Gambie, Russie, République démocratique du Congo (RDC), Cuba, Pakistan, Égypte, Azerbaïdjan, Maroc et Thaïlande.

 

Le fait que cinq pays d’Afrique, tous salués à un moment donné pour s’être engagés sur la voie de la transition démocratique, se trouvent parmi eux, révèle la fragilité de ce processus quand il s’agit de respecter la liberté de la presse, souligne le Directeur exécutif du CPJ, Joël Simon, dans un communiqué distribué aujourd’hui au cours de la conférence de presse. En réponse à une question, M. Mahoney a souligné que cette liste n’était pas forcément celle des pays où la situation de la presse est la plus préoccupante, comme c’est par exemple le cas au Zimbabwe, mais qu’elle cite les pays où cette liberté s’est le plus dégradée au cours de ces cinq dernières années. L’Iraq et la Somalie devraient faire l’objet de rapports séparés, a expliqué M. Mahoney, non seulement en raison de l’extrême gravité des formes de violences qui y sont perpétrées, mais aussi du fait de l’absence de réelle gouvernance dans ces pays et de la difficulté d’y réunir des informations fiables. Il est également ardu d’enquêter sur ce qui se passe aujourd’hui en République démocratique populaire de Corée (RPDC) ou au Myanmar, a-t-il ajouté.

« En publiant un tel rapport, qui jette le discrédit sur certains États, nous espérons une réaction des gouvernements concernés », a déclaré Robert Mahoney, en soulignant que l’objet du CPJ était de pointer les dysfonctionnements observés dans les pays uniquement sur la base des normes internationalement acceptées et reconnues en matière de liberté de la presse. 85 % de gens coupables d’assassinats de journalistes courent toujours, a-t-il rappelé.

M. Mahoney a indiqué que si dans certains pays figurant dans la liste, comme le Maroc ou l’Égypte, on constatait que la censure s’était assouplie au fil des années, permettant ainsi à une presse de plus en plus indépendante de s’épanouir, on y notait aussi que des représailles étaient exercées contre des éditeurs ou des journalistes jugés trop critiques à l’égard des régimes en place. Au Maroc, par exemple, les médias d’État ont pris pour cible les publications indépendantes qui avaient couvert l’affaire des caricatures du Prophète Mahomet. Certains journalistes se sont estimés gravement menacés du fait des attaques des médias officiels, a indiqué M. Mahoney. Généralement considéré comme un modèle dans sa région en ce qui concerne le respect des droits de la presse, le Maroc partage pourtant avec la Tunisie le triste record du plus grand nombre de cas d’emprisonnements de journalistes dans le monde arabe, a fait observer M. Campagna.

Répondant à une question de la presse, M. Mahoney a indiqué que, même si la liberté de la presse n’y était jamais entièrement respectée, aucun pays occidental ne figurait dans le classement, dans la mesure où ces pays ne remplissaient pas les critères et le niveau de violations retenus pour établir la liste.

Au sujet des enlèvements de journalistes, les représentants du CPJ ont déclaré qu’ils comprenaient la réaction des familles qui se disent prêtes à payer une rançon pour obtenir la libération d’un des leurs. Ils ont cependant attiré l’attention sur le fait que le paiement d’une rançon pouvait représenter un danger pour les autres journalistes travaillant dans la région concernée, puisque la tentation de les enlever à leur tour pouvait alors devenir beaucoup plus grande. Dans le cadre des efforts qu’ils déploient pour garantir la protection des journalistes à travers le monde entier, les représentants du Comité ont révélé qu’ils s’étaient entretenus, la semaine dernière, avec le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, qui les a assurés du soutien de l’ONU dans cette lutte.

Le Comité pour la protection des journalistes est une organisation indépendante à but non lucratif fondée en 1981 afin d’observer et d’enquêter sur les abus commis contre la presse et promouvoir la liberté de celle-ci à travers le monde. Le CPJ a été créé par des correspondants de presse américains basés à l’étranger. Son siège est à New York et le CPJ a des correspondants dans toutes les grandes régions au monde.

 

A Kinshasa, la Journée internationale de la liberté de la presse a été célébrée par un hommage des journalistes vivants à leurs confrères assassinés. Une quarantaine de journalistes se sont recueillis jeudi sur les tombes du couple Ngyke et de Bapua Muamba au cimetière de la Gombe, en y déposant des gerbes de fleur. Après ce moment émouvant, le groupe s'est dirigé au siège des stations CCTV, CKTV et RALIK, médias de l’ancien vice-président de la République Jean-Pierre Bemba, pour exprimer leur solidarité au personnel de ces médias, fermées la veille des violents affrontements armés du 22 et 23 mars dernier avant d’être pillées au cours de ces événements. Dans son mot de circonstance, la présidente de l’UNPC (Union Nationale de la Presse du Congo), Chantal Kanyimbo, a demandé que cessent les assassinats des hommes de médias en RDC. « Pas de démocratie sans la liberté de presse et le respect des droits de l’homme », a-t-elle déclaré. Au siège de CCTV et CKTV et RALIK.

Sources : Cpj, Unnews et Radio Okapi

 

3. Kinshasa : JED, « le Chef de l'Etat doit garantir les libertés fondamentales reconnues par la Constitution ».

Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat, Journalistes En Danger demande notamment la réforme du cadre juridique devant assurer ces garanties. JED rappelle que la transparence passe par les medias véritablement libres et des garanties de liberté d’expression pour tous, rapporte radiookapi.net Pour JED, la bonne gouvernance prônée par le nouveau pouvoir implique la transparence dans la gestion, antidote de la corruption. Les médias ont un rôle très important à jouer dans la recherche de cette transparence.

 

Dans cette lettre ouverte, JED dénonce les menaces et emprisonnements dont les journalistes font objet, souvent avec la complicité de certains juges, lorsqu’ils dénoncent la corruption et les malversations financières des tenants du pouvoir. Tel le cas de Popaul Ntula Vita, de la Cité africaine de Boma, emprisonné pour avoir dénoncé les malversations financières de la DGI Bas Congo. Un autre, celui de Nelson Ntamba, de la radio communautaire de Mwanda, battu par un commandant de la police alors qu’il s’informait sur les affrontements entre les adeptes du Bundu dia Congo et la police. Pour que les médias puissent bien faire leur travail, JED exige la reforme du cadre juridique les organisant.

 

Il s’agit, pour les législateurs, d’adopter une loi sur les conditions de viabilité économique des médias, la pénalisation des délits de presse, la restructuration de l’instance de régulation des médias, des sanctions d’ordre éthique et déontologique. JED demande également aux autorités de reformer les lois garantissant l’organisation, le fonctionnement et le financement de la RTNC comme un vrai média public et d’intérêt commun. C’est à cette condition, conclut JED, que l’arrêt de la recréation décrétée par le chef de l’Etat deviendra une réalité et non une simple théorie.

 

4. Plusieurs cas d'atteintes à la liberté de la presse en 2007 en RDC.
Cent soixante-trois cas d'atteintes à la liberté de la presse ont été enregistrés en 2007 en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué lundi l'organisation locale Journaliste en danger (JED), au cours d'un point de presse à Kinshasa.

Le mercredi 12 décembre 2007.

"Au total 163 cas d'attaques diverses contre les journalistes et contre les médias ont été enregistrés (...) au cours de cette année 2007", a affirmé le secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi, présentant le rapport annuel de son organisation sur l'état de la liberté de la presse en RDC à l'occasion de la célébration de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

RÈS de 60% de ces cas (assassinats, agressions, emprisonnements, menaces, censures et pressions diverses) ont été enregistrés dans la seule capitale congolaise qui reste, selon l'ONG, "l'endroit le plus à risque pour les journalistes".

JED a rappelé notamment l'assassinat des deux journalistes tués respectivement au Nord et au Sud Kivu (est) et dont on ne connaît à ce jour "ni les véritables assassins, ni les mobiles réels du crime".

Ce score est le plus élevé de tous les rapports publiés par l'organisation de défense de la presse depuis sa création en 1998, a précisé M. Tshivuadi.

"Comparée aux statistiques de 2006 (soit un total de 125 cas), il y a lieu de noter que la situation de la liberté de la presse en RDC s'est globalement dégradée au cours de l'année 2007 et que le nombre des atteintes à la liberté de la presse a augmenté de 30%", a-t-il déploré.

 

Selon JED, près de 90% des cas de menaces, d'attaques ou de violences contre les journalistes et les médias en 2007 ont été commis par des militaires ou les différents services de sécurité. L'organisation a dénoncé "un système d'impunité quasi institué" et appelé les autorités à engager "sans atermoiements" des réformes du cadre juridique de l'exercice de la liberté de la presse en RDC.

Pour JED, cette réforme doit viser principalement la suppression des dispositions qui autorisent les emprisonnements des journalistes pour des délits de presse tels que la diffamation ou l'offense envers les autorités.

 

L'organisation plaide pour la mise en place "rapide" d'une nouvelle instance de régulation des médias prévue par la Constitution ainsi que l'adoption d'une loi garantissant l'accès des journalistes aux sources d'informations.

De son côté, l'ONG la Voix des sans voix (VSV) a dénoncé la persistance de l'impunité, l'organisation des procès injustes, l'existence des détenus d'opinion ainsi que la répression violente des manifestations publiques, une année après la mise en place des institutions démocratiques en RDC.

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5. L’ONG JED se prononce sur la dépénalisation et la régulation des médias en marge de l’examen au Parlement de la loi sur le CSAC

Kinshasa, 29/05/2008 / Politique

 

L’ONG Journaliste en danger présente deux plaquettes sur les questions de la dépénalisation et de la régulation des médias dans le cadre d’un éclairage de l’opinion au moment où l’Assemblée nationale est occupée à peaufiner la loi sur le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication. Il y a quelques jours, l’Assemblée nationale a déclaré recevable la proposition de loi du député Charles Bofassa Djema, portant création, organisation et attribution du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) et l’a envoyée à la commission socioculturelle pour un examen approfondi.

JED avait salué et encouragé le député Bofassa et tous les députés nationaux dans leurs efforts afin de doter le secteur des médias en RDC, conformément à l’article 212 de la Constitution, d’une instance de régulation des médias qui ne soit pas seulement un instrument de répression, mais surtout un vecteur des valeurs démocratiques. Mais, JED avait aussi marqué son étonnement au sujet des modalités de l’exercice de la liberté de la presse en RDC ainsi que sur les aspects ayant trait à la création, organisation et aux attributions du CSAC issues de l’atelier du centre Bondeko.

Cet atelier, qui avait réuni les professionnels des médias et des acteurs de la société civile, avait été convoqué en juin 2007 par le ministre de la Communication. Du point de vue du fond, les députés avaient soulevé des inquiétudes quant à la qualité et au rayonnement des médias congolais sur l’ensemble de la RDC ainsi qu’à la problématique de la liberté de la presse et du statut même des journalistes en RDC.

Ces interrogations et inquiétudes ne sont pas nouvelles. JED estime que, quelques donnent  les réponses adéquates ne sauraient être trouvées dans la seule loi sur la CSAC qui n’est qu’une loi organique. Les réponses doivent être trouvées, non seulement dans le cadre de la loi générale portant modalités de l’exercice de la liberté de la presse, mais aussi dans d’autres lois tout aussi utiles.

Pour mettre à profit le démarrage des débats sur la proposition de loi portant sur le CSAC, JED avait exhorté l’Assemblée nationale et le gouvernement à examiner la nécessité pour plus d’efficacité et de logique pour la loi portant sur l’exercice de la liberté de la presse.

Afin de permettre aux parlementaires de doter la RDC d’un cadre juridique favorisant la liberté d’opinion, JED a publié deux plaquettes intitulées  « La régulation des médias en des questions. Pourquoi et comment faut-il dépénaliser les délits de presse en RDC ». Ces deux plaquettes ont été distribuées afin que les journalistes puissent suivre, au jour le jour, les débats au sein du Parlement.

(Milor) Simard Simon Tsoumbou/Forum des As

 



 



Article ajouté le 2008-07-13 , consulté 114 fois

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