Ferme Opposition au Plan d’introduction des Citoyens Rwandais au Nord – Kivu
Ferme Opposition au Plan d'introduction des Citoyens Rwandais au Nord – Kivu
A Mr le HAUT COMMISSAIRE DE L'ONU POUR LES REFUGIES (UNHCR)
94, RUE DE MONTBRILLANT
À GENEVE (SUISSE)
S. E. M. Ban Ki-moon
Secrétaire Général de l'ONU
United Nations
New York, NY 10017
S. E. M. Barack Obama
Président des ETATS UNIS D'AMERIQUE
The White House
1600 Pennsylvania Avenue NW
Washington, DC 20500
S. E. M. GORDON BROWN
Premier Ministre du ROYAUME UNI
10 Downing Street
London SW1A 2AA
Transmis Copie pour information :
- A Monsieur le Président en exercice du Conseil de Sécurité, à New York;
- A S. E. Monsieur José Manuel BARROSO, Président de la Commission de l'UNION EUROPEENNE, à Bruxelles,
- A S.E. Monsieur Friedrik Reinfeldt, Premier Ministre de la Suède et Président en exercice de l'Union Européenne, à Stockholm,
- A S. E. Monsieur Mouammar el-Kadhafi, Guide suprême de la Révolution de La Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, Président en exercice de l'Union Africaine, à Tripoli,
- A S. E. M Jean PING, Président de la Commission de l'Union Africaine à Addis Abeba,
- A S. E. Monsieur le Président NICOLAS SARKOZY, à Paris,
- A S. E. Monsieur le Président HU JINTAO, à Beijing,
- A S. E. Madame ANGELA MERKEL, Chancelière de l'Allemagne à Berlin,
- A S. E. Monsieur le Premier Ministre Vladimir POUTINE, à Moscou,
- A S. E. Monsieur Herman Van Rompuy, Premier Ministre de Belgique, à Bruxelles,
- A S. E. Monsieur STEPHEN HARPER, Premier Ministre du Canada à Ottawa,
- A S. E. Monsieur José Luis ZAPATERO, Premier Ministre d'Espagne, à Madrid,
- A S. E. Monsieur TARO ASO, Premier Ministre du Japon, à Tokyo,
- A S. E. M. le Procureur Général de la COUR PENALE Internationale à La Haye,
- A Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, Cité du Vatican, à Rome,
- A S. E. Monsieur ALAN DOSS, Chef de
- A Madame Hillary CLINTON, Secrétaire d'Etat Américain, à Washington,
- A Monsieur le Responsable du HCR en RDC à Kinshasa;
- A S. E. M. le Président de la RD Congo, Chef de l'Etat, à Kinshasa
- Honorable Président du Sénat en RDC à Kinshasa
- Honorable Président de l'Assemblée nationale en RDC à Kinshasa
- S. E. M. le Premier Ministre Chef du Gouvernement congolais à Kinshasa
- S. E. Madame la Secrétaire Exécutive de la CIRGL à
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Excellences,
L'Association communautaire des populations de Masisi, Rutshuru et Walikale (Kivu, R.D. Congo) en Europe, nommée Bushenge-Occident, en collaboration avec le Mouvement sociopolitique MSS-Kivu, Mouvement Solidaire pour la Survie du Kivu, ont l'honneur et la grande tristesse de vous adresser une VIGOUREUSE OPPOSITION au récent Plan du HCR (UNHCR) d'introduction au Nord-Kivu, de 106.000 Citoyens Rwandais présentés comme Réfugiés congolais.
Il est de notoriété publique nationale et internationale que la plupart des personnes concernées sont des Rwandais refoulés de la Tanzanie et qui n'ont jamais été en République Démocratique du Congo. Tout aussi grave, leur nombre change selon les besoins de la cause. Ainsi, alors que fin 2007, on parlait de 40.000 Réfugiés, l'UNHCR a élevé le nombre à 106.000 sujets (52.000 depuis le Rwanda, et 54.000 depuis l'Ouganda). Mais le CNDP des criminels Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, suscité par le Rwanda, vient déjà de porter leur nombre à 500.000 personnes, dont 100.000 depuis le Rwanda, 100.000 depuis l'Ouganda et 300.000 depuis la Tanzanie (Interview de MUNYAPENDA, directeur politique de CNDP).[1] Ainsi le Rwanda et ses agents infiltrés au sommet du pouvoir au Congo font de l'UNHCR leur instrument d'occupation du Kivu. Et ce, depuis 1994 jusqu'à ce jour.
Dans une totale mauvaise foi et une complaisance envers le Rwanda, l'UNHCR et la Communauté Internationale présentent toujours les hautes régions du Kivu comme peu peuplées et donc déversoir du trop plein du Rwanda. Ce qui est tout à fait faux. Et les zones de Rutshuru, Masisi et Est-Walikale, choisies par l'UNHCR pour y déverser les Rwandais sont précisément aussi surpeuplées que les collines du Rwanda. Ainsi le démontrent ces chiffres :
- Masisi : 4734 km2 ; 729.057 habitants en 2007, soit 154 hab. /km2.
- Rutshuru : 5289 km2 ; 689.462 habitants en 2007 ; soit 130 hab. /km2.
- L'Est-Walikale avoisine déjà les 100 hab/km2
- Nyiragongo (Territoire) : 163 km2 ; 38.689 habitants en 2004 et 78.886 en 2007, soit
Une évolution de densité de 237 hab. /km2 en 2004 à 484 hab/km2 en 4 ans.
- Goma-ville : 75,7 km2 ; 249.862 en 2004, et 633.899 en 2007, soit une densité passant
De 3.300 hab. /km2 en 2004 à 8.374 hab. /km2 en 4 ans[2].
- La province du Nord-Kivu est, après le Bas-Congo, la plus petite province du Congo (59.483 km2), mais avec la plus forte densité : 6.062.700 habitants en 2007, soit 102 hab. /km2, loin avant toutes les autres provinces du Congo.
Ceci est confirmé par les Experts qui déjà 35 ans plus tôt, lors du Colloque de Bukavu en 1974, avaient déjà mis nos pays en garde : « Sur les hautes terres de l'Est, les populations sont nombreuses… Le problème essentiel de cette région est d'ordre démographique et écologique à la fois : dans un contexte de peuplement déjà très dense, la croissance rapide des effectifs entraîne la saturation des bonnes terres et leur dégradation, et débouche sur une sous-nutrition aggravée. Une étude prospective aboutit à de conclusions alarmantes pour l'horizon 2015 et fait souhaiter une émigration planifiée vers l'ouest… Un Article annonce la réalisation d'une carte de densité du Kivu d'altitude et commente l'évolution des zones (Territoires) de Rutshuru et de Masisi où, du fait de l'immigration, la population s'accroît le plus vite ». [3]
Alors que cette situation est déjà difficile pour les populations Autochtones du Kivu, le Rwanda, s'emploie depuis plusieurs années, à les chasser de leurs villages et de leurs terres. Déjà, plus de 2.000.000 des déplacés, errant sur les routes ou parqués dans des camps d'infortune, et remplacés progressivement par des sujets rwandais. Tout ceci avec la bénédiction de la Communauté Internationale et la complicité de l'actuel gouvernement de Kinshasa.
Comme si cela n'était pas suffisamment injuste et inhumain, voici que l'UNHCR veut y déverser 106.000 autres. L'UNHCR contribue ainsi à la concrétisation du plan d'invasion et d'annexion du Kivu et de la balkanisation de la RD Congo.
Depuis des années, nous avons crié, informé, dénoncé cette invasion continuelle. Nous avons attiré l'attention de la Communauté Internationale, des Instances de l'ONU et des grandes Puissances sur le caractère hautement criminel de cet acharnement sur le Kivu. En effet, Kigali possède depuis plusieurs années, UN PLAN D'EXTERMINATION DES AUTOCHTONES DU KIVU.
Et, avec la complicité d'organismes comme l'UNHCR, il est occupé à pratiquer systématiquement cette EPURATION ETHNIQUE, c'est-à-dire UN VERITABLE GENOCIDE DES AUTOCHTONES DU KIVU, qui semblent progressivement et inéluctablement voués à la disparition.
Comme au Rwanda en 1994, l'UNHCR et les autres Instances de l'ONU y compris les Puissances du Nord, assistent en bons complices à cette chasse à l'homme congolais.
Face aux 800.000 victimes du génocide interethnique du Rwanda, le Congo compte déjà 6.000.000 des victimes. Ceci accompagné de la tragédie des 7.000 à 8.000 viols de femmes et de fillettes par an et l'enrôlement des milliers d'enfants-soldats.
A cette hécatombe, voici que l'UNHCR va en ajouter une autre. Car, sachez-le, le Rwanda et ses Agents infiltrés dans les Institutions du Congo ne vont pas se reposer avant d'avoir achevé 'le (sale) travail' ! A savoir, l'annexion du Kivu et l'éclatement de la RD Congo.
Mais cela comporte un risque majeur que l'UNHCR ne pourra pas contrôler : l'absence de garantie de sécurité pour ces populations étrangères qu'on envoie aveuglement au Kivu. Car, elles pourraient être les victimes des conséquences de la réaction d'autodéfense des Congolais patriotes et déterminés à défendre, à tout prix, la terre sacrée de leurs ancêtres.
Epargnez-nous donc de ces provocations car nous sommes un peuple pacifique et accueillant. A ce titre, nous acceptons seulement le retour des anciens habitants du Kivu que nous allons reconnaître, identifier et accueillir, les bras ouverts.
- Pour cela, il faudra qu'ils présentent des documents d'identité valables autres et antérieurs aux fameuses Cartes d'Electeurs, dont on sait qu'elles furent distribuées à des Citoyens rwandais en vue de gonfler le nombre d'électeurs de certains candidats aujourd'hui au pouvoir.
- De même, il faudra un témoignage de l'administration et des chefs coutumiers du Kivu qui les reconnaîtront et connaissent leurs anciens lieux d'habitation.
Le témoignage de certains acteurs politiques récents, tels des Rwando-congolais ayant accédé au pouvoir à la faveur des crimes et des conquêtes militaires, à l'instar de certains membres du CNDP, ne devra pas entrer en ligne de compte. Ceux-là, en effet, ont les pieds au Congo, mais le cœur et la tête ailleurs !
- Tous les autres, y compris ceux qui viennent d'entrer au Kivu à la faveur de l'opération militaire conjointe rwando-congolaise "Umoja wetu", devront être refusés et/ou refoulés chez eux au Rwanda dans l'observance du droit international et du respect de la citoyenneté congolaise.
Désormais toute opération "Gestion des Réfugiés rwandais", devrait remplir au moins les trois conditions :
1. Les régions choisies pour l'accueil et l'établissement ne devront en aucun cas se situer en deçà de
2. Le Kivu doit être désormais exclu des zones de nouvelle installation des Réfugiés, vu les dangers et catastrophes démographiques et écologiques exposés plus haut ;
3. En toute circonstance, n'envoyer aucun arrivant dans une région d'où n'était parti aucun réfugié (cas des 3/4 du Territoire de Walikale).
Si ces marques de bonnes dispositions ne sont pas prises en considération, alors la preuve est faite une fois de plus, que le HCR, les autres Instances des Nations Unies et les Puissances du Nord, cherchent délibérément à poursuivre le Génocide perpétré par le pouvoir minoritaire de Kigali sur le paisible mais malheureux peuple congolais. Avec le bilan macabre et partiel de 6.000.000 de morts !
Dans ce cas, le même Peuple congolais n'attendra pas indéfiniment que le Pouvoir faible ou complice de Kinshasa continue à l'exposer à ces massacres et humiliations perpétuels. Il se prendra désormais en charge, et ce, sans exclusive sur les moyens et la méthode de défense.
Le fait que certains citoyens autochtones commencent à être tentés de considérer certains rebelles Hutu Rwandais comme un moindre mal, devrait interpeller les Congolais, la Communauté internationale et surtout le Pouvoir de Kigali quant à l'avenir de la sécurité des Rwandais qu'on envoie aveuglement au Kivu.
A cet effet, nous vous recommandons de prendre connaissance des avertissements ci-après :
1. Le Mémorandum des Femmes du Nord-Kivu (12 juin 2009) qui, après avoir donné le bilan macabre de la récente agression rwandaise et signalé que le phénomène FDLR est devenu un prétexte pour perpétuer les abus, exige sans ambages : « Nous femmes de la Province du Nord Kivu, toutes tendances confondues, vous exigeons de reprendre vos responsabilités et de procéder au rapatriement pacifique des réfugiés rwandais sans distinction dans leur pays d'origine. »
2. L'Article du Journal belge la Libre Belgique du 23 juin 2009 « Vers une nouvelle débâcle dans les Kivu ? Une nouvelle fois, le Kivu (est du Congo) semble au bord du gouffre, alors que se profile un possible débâcle de l'armée congolaise et un retour à la situation de guerre antérieure (...) Les rapports d'organisations de défense des droits de l'homme se sont multipliés, ces dernières semaines, pour dénoncer l'accroissement des exactions commises par l'armée congolaise et les FDLR. Mais cela pourrait empirer encore… De facto, on assiste donc à un développement des violences interethniques hutu-tutsi, partiellement sous uniforme congolais. »
3. Lettre du 01 juin 2009, de 76 éminents Professeurs et défenseurs occidentaux des droits humains exigeant que le TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda) arrête les criminels de guerre du FPR.
4. Lettre ouverte du 06 mai 2009 de Madame Irène KHAN, Secrétaire générale de Amnesty Internationale, au Président Joseph Kabila pour qu'il cesse de cacher et de protéger les criminels de guerre, dont principalement Bosco Ntaganda.
Ces démarches montrent clairement qu'il n'y aura ni paix ni sécurité au Congo et dans la région tant qu'on continuera non seulement à protéger, mais aussi à récompenser les Tueurs et autres criminels.
Ainsi donc, nous réitérons notre rejet, notre ferme opposition à ce programme d'introduction des sujets rwandais dans notre région d'où on a déjà préalablement chassé plus de 2.000.000 des nôtres.
- Pour mettre un terme aux violences récurrentes qui condamnent des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées à rechercher asile ailleurs loin de leur patrie,
- Pour faciliter la cohabitation entre frères rwandais dans les frontières rwandaises : Il n'y a pas d'alternative à la baisse de la tension interethnique au Rwanda. D'où la nécessité et la priorité absolue d'initier et d'encourager l'instauration d'un réel DIALOGUE INTER-RWANDAIS.
Enfin, nous pensons que le UNHCR devrait considérer comme priorité le retour dans leurs villages, leurs champs et pâturages, des 2.000.000 des Congolaises et Congolais livrés à la mort dans des camps de fortune, à la merci de tous les criminels qui écument les montagnes et les cités du Kivu.
La Population du Kivu aspire à la paix. Les Congolais méritent la Paix.
Fait à Bruxelles, le 30 juin 2009
POUR LE MSS – KIVU
Michel MOTO MUHIMA
Secrétaire – Général & Porte Parole
POUR LE BUSHENGE – OCCIDENT
Franck MULISI KAEMBE
Président
[1] AfricaNews 05 juin 2009/Congoindependant.com, 07 juin 2009: Le mystère percé du CNDP new look ; Les confidences de Munyapenda, interview à AfricaNews
[2] Cf. Recensement de la province du Nord-Kivu en 2007 ; Goma, novembre 2007
[3] J.-Cl. Bruneau : Quinze ans de recherches géographiques en langue française au Zaïre, in Centre d'Etudes de géographie tropicale, LE ZAIRE ESPACE ECARTELE, 1993, p.166)

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